Oui, un locataire peut en principe regrouper ses crédits, mais pas dans les mêmes conditions qu’un propriétaire. Sans bien immobilier à donner en garantie, le regroupement prend la forme d’un crédit à la consommation, en général un prêt à tempérament. Sa durée est plafonnée par la loi selon le montant, ce qui limite la baisse de la mensualité. Et comme pour tout regroupement, allonger la durée fait presque toujours augmenter le coût total.
Cette page explique ce qui change quand vous n’êtes pas propriétaire, avec un exemple chiffré avant/après, et les solutions à examiner avant tout nouveau crédit. Elle ne propose aucun crédit.
| L’essentiel |
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Ce qui distingue un regroupement sans garantie hypothécaire
Un regroupement de crédits est un nouveau crédit qui rembourse vos crédits en cours. Vous n’avez ensuite plus qu’une mensualité. Pour un locataire, trois différences comptent.
1. Le nouveau crédit reste un crédit à la consommation
Le Code de droit économique qualifie de crédit hypothécaire le crédit garanti par une hypothèque ou une autre sûreté hypothécaire sur un bien immobilier (art. I.9, 53° et suivants). Tout autre crédit consenti à un consommateur est un crédit à la consommation (art. I.9, 54°). Sans bien à hypothéquer, votre regroupement relève donc des règles du crédit à la consommation : prêt à tempérament le plus souvent, avec un taux annuel effectif global (TAEG, le coût total du crédit exprimé en pourcentage annuel, frais obligatoires compris) propre à ce type de crédit.
2. La durée est plafonnée selon le montant
Un arrêté royal du 14 septembre 2016, pris en application de l’article VII.95 du Code, fixe la durée maximale d’un prêt à tempérament en fonction du montant emprunté :
| Montant emprunté | Durée maximale |
|---|---|
| 200 à 500 € | 18 mois |
| 501 à 2 500 € | 24 mois |
| 2 501 à 3 700 € | 30 mois |
| 3 701 à 5 600 € | 36 mois |
| 5 601 à 7 500 € | 42 mois |
| 7 501 à 10 000 € | 48 mois |
| 10 001 à 15 000 € | 60 mois |
| 15 001 à 20 000 € | 84 mois |
| 20 001 à 37 000 € | 120 mois |
| Plus de 37 000 € | 240 mois |
Ce plafond protège contre un étalement excessif. Il signifie aussi qu’un regroupement sans hypothèque ne peut pas « diluer » quelques milliers d’euros de crédits sur 15 ou 20 ans. La baisse de mensualité est donc plus limitée qu’on ne l’imagine parfois.
3. Le prêteur ne dispose d’aucune garantie sur un bien
Le prêteur doit, comme pour tout crédit, évaluer rigoureusement votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque nationale de Belgique (art. VII.77). Sans garantie immobilière, votre dossier repose sur vos revenus, vos charges (dont le loyer) et votre historique de remboursement. Des retards enregistrés rendent un refus probable.
Le prêteur peut demander une caution (une personne qui s’engage à payer à votre place). Le contrat de caution doit préciser le montant garanti, et la caution reçoit gratuitement un exemplaire du contrat de crédit (art. VII.109). S’engager comme caution n’a rien d’une formalité : en cas de défaut, c’est elle qui paie.
Il arrive qu’un proche propriétaire propose de donner son propre bien en garantie. Le nouveau crédit devient alors un crédit hypothécaire, et ce proche risque son logement en cas de défaut. C’est une décision lourde, à prendre après avoir lu le contrat et, si besoin, consulté un notaire.
Exemple chiffré : trois crédits regroupés par un locataire
Hypothèses fixées pour l’exemple (calculs du 26 septembre 2026). Les taux sont illustratifs : ce ne sont ni des offres ni des taux de marché relevés. Mensualités constantes, taux mensuel équivalent au taux annuel, sans frais de dossier.
Avant : trois crédits en cours
| Crédit | Restant dû | Mensualité |
|---|---|---|
| Prêt voiture 6 %, 28 mois |
7 000 € | 268,03 € |
| Prêt personnel 9 %, 30 mois |
4 500 € | 167,34 € |
| Ouverture de crédit 11 %, 18 mois |
1 500 € | 90,42 € |
| Total | 13 000 € | 525,79 € |
Pour l’ouverture de crédit, on suppose que le solde utilisé est remboursé en 18 mensualités fixes. Il vous reste à payer au total 14 152,60 €, dont 1 152,60 € d’intérêts. La charge de 525,79 € par mois ne dure pas : elle tombe à 435,37 € après 18 mois, à 167,34 € après 28 mois, et tout est remboursé après 30 mois.
Après : un prêt à tempérament de regroupement
Le nouveau crédit rembourse les 13 000 € restants et finance 115 € d’indemnités de remboursement anticipé (1 % du capital remboursé sur les deux prêts à tempérament, le maximum légal quand il reste plus d’un an ; aucune indemnité sur l’ouverture de crédit, art. VII.97). Montant emprunté : 13 115 €, soit une durée légale maximale de 60 mois.
| Crédit regroupé | Mensualité | Total remboursé (écart) |
|---|---|---|
| 8 % sur 60 mois | 264,18 € | 15 850,80 € (+ 1 698,20 €) |
| 8 % sur 48 mois | 318,46 € | 15 286,08 € (+ 1 133,48 €) |
| 8 % sur 36 mois | 409,29 € | 14 734,44 € (+ 581,84 €) |
| 6 % sur 60 mois | 252,58 € | 15 154,80 € (+ 1 002,20 €) |
L’écart est calculé par rapport aux 14 152,60 € qu’il restait à payer sans regroupement.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Lire le résultat
- La mensualité baisse surtout parce que la durée double : 60 mois au lieu de 30 au plus. Vous payez 2 735,80 € d’intérêts au lieu de 1 152,60 €.
- Même avec un taux égal au plus bas de départ (6 %), le regroupement sur 60 mois coûte 1 002,20 € de plus.
- La comparaison des mensualités est trompeuse : une partie de la charge actuelle disparaît d’elle-même dans 18 mois, puis dans 28 mois.
- Le plafond légal compte : avec 13 115 €, la durée ne peut pas dépasser 60 mois. Au-delà de 15 000 €, elle pourrait aller jusqu’à 84 mois, avec un coût encore plus élevé.
La méthode complète pour faire ce calcul avec vos propres chiffres est détaillée dans notre page regroupement de crédit : calculer le coût total avant et après. Les frais à ajouter sont listés dans la page sur le coût d’un rachat de crédit.
Points d’attention pour un locataire
- Votre loyer est une charge fixe que le prêteur prend en compte. La nouvelle mensualité doit laisser un budget suffisant après loyer, énergie et dépenses courantes.
- Les arriérés de loyer ou de factures ne sont pas des crédits. Les intégrer au nouveau crédit augmente le montant emprunté, donc le coût, et peut faire passer le montant dans une tranche de durée plus longue.
- Une ouverture de crédit remboursée peut rester disponible. Si vous l’utilisez à nouveau, vous cumulez l’ancien et le nouveau crédit. Demandez sa clôture si vous n’en avez plus besoin.
- Méfiez-vous des offres qui mettent en avant la facilité ou la rapidité d’un regroupement : la loi interdit la publicité qui incite au regroupement de crédits ou qui pousse une personne qui ne peut plus faire face à ses dettes à emprunter (art. VII.65).
- Comparez le coût total, pas seulement la mensualité. Les documents à réunir pour ce calcul sont les mêmes que ceux qu’un prêteur demande.
Les alternatives à examiner d’abord
Parler à votre prêteur
Si une mensualité devient trop lourde, contactez le prêteur concerné avant le premier retard. Il peut parfois accepter un réaménagement (report ou étalement). Toute modification doit être confirmée par écrit ; demandez le nouveau coût total.
Rembourser d’abord le crédit le plus cher
Si vous disposez d’une épargne, rembourser par anticipation l’ouverture de crédit ou le crédit au taux le plus élevé réduit le coût total sans créer de nouveau crédit. Pour une ouverture de crédit, aucune indemnité n’est due (art. VII.97).
La médiation de dettes
Si vous avez déjà des retards, des rappels ou des dettes autres que des crédits (loyer, énergie, impôts), un nouveau crédit risque de repousser le problème en l’alourdissant. Un service de médiation de dettes analyse l’ensemble de votre budget et négocie un plan avec vos créanciers. Il est gratuit dans les CPAS (OCMW en Flandre) et les services agréés par les Régions. La comparaison détaillée des deux voies figure dans notre page regroupement ou médiation de dettes : comment choisir.
D’autres réponses figurent dans nos questions fréquentes sur le regroupement de crédits.
Sources
- Code de droit économique, art. I.9 (53° à 54°), VII.65, VII.77, VII.95, VII.97 et VII.109 (texte consolidé, Moniteur belge, version du 24 septembre 2026), consulté le 26 septembre 2026.
- Arrêté royal du 14 septembre 2016 (crédit à la consommation), art. 13 : délais maxima de remboursement, via Credit2Consumer, consulté le 26 septembre 2026.
- FSMA, Wikifin : Le prêt à tempérament (tableau des durées maximales, mise à jour du 12 février 2026), consulté le 26 septembre 2026.
- Banque nationale de Belgique : Centrale des crédits aux particuliers : informations pour les particuliers, consulté le 26 septembre 2026.
Page d’information de simulation-rachat-de-credit.be, sans lien commercial. Calculs réalisés le 26 septembre 2026 à partir de taux hypothétiques ; ils ne constituent ni une offre ni un conseil personnalisé.